Se laisser guider par l’agencement des couleurs, par des coups de pinceau généreux, laisser couler la peinture, puis intervenir pour en maîtriser la trajectoire. Prendre du recul, laisser le regard s’imprégner, identifier l’endroit qui dérange et y appliquer de la matière par touches compulsives et instinctives. Savoir résister à la nervosité du pinceau, calmer la surface, puis gratter pour restructurer ce qui devient trop lisse.

Dans mon travail pictural, je cherche à assumer pleinement une approche abstraite et à me libérer de toute représentation du réel. La peinture devient un terrain de jeu expérimental : je me laisse porter par des envies de couleurs et de gestes, j’accueille le hasard tout en tentant de le maîtriser, pour parvenir à un ressenti d’équilibre et de joie. Il s’agit aussi d’être surpris par soi-même, de voir surgir quelque chose de sauvage, inattendu.
Ma peinture s’inscrit dans le prolongement des artistes de l’abstraction lyrique. Les œuvres de Willem de Kooning, Joan Mitchell, Per Kirkeby ou Hans Hartung, pour n’en citer que quelques-uns, nourrissent mon regard et laissent, d’une certaine manière, leurs traces dans mes toiles.